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Une histoire captivante de Mouloud Abdmeziem

Si tu montes à Chréa....

(Episode 2)

Puis un jour, sans qu'elle s'y attendît on lui apprit que le père Moussa  demandait sa main. Elle le connaissait bien , le père Moussa. Tout le quartier savait qu'il n'arrêtait pas de se marier et de divorcer. 

Moussa avait  cinquante sept ans au déclenchement de la guerre de libération nationale.

La misère avait fait quitter,  depuis longtemps,  son sol natal à ce  montagnard sétifien .

D'un tempérament plutôt fougueux , il prit le chemin de la capitale. Il n'était pas beau à voir avec son pantalon rapiécé aux genoux, sa chemise crasseuse dépourvue de col  une chéchia en coton rouge délavé et un chèche usé jusqu'à la trame.

Son compagnon de voyage était encore moins bien loti que lui.

Les voilà tous deux sur le sentier de l'aventure. A la grâce de Dieu!

Le peu d'argent dont ils disposaient à eux deux pouvait à peine suffire pour les tirer d'affaire jusqu'à leur arrivée à Alger. Ils décidèrent de voyager à pied.

Les étapes étaient longues et harrassantes. Ils préféraient  marcher la nuit, mendiant presque à chaque étape un peu de nourriture  pour entretenir leurs forces.

Ils arrivèrent enfin à Maison Carrée, porte de la capitale.

Avant leur départ du bled, on leur conseilla de s'adresser à quelqu'un du "pays", maquignon de profession. Celui-ci, propriétaire d'une bergerie, pouvait les héberger, voire les employer momentanément.

Ils lui rendirent donc visite sans tarder.

-"Tenez! vous tombez bien mes enfants! 

Le maquignon manquait de main d'oeuvre pour multiplier ses points de vente. A l'approche de l'Aïd les moutons se vendaient comme des petits pains et les deux gaillards lui tombaient du ciel.

-"Voici, mes petits, j'ai besoin de vous pendant quelques jours. Comme travail, il  suffira à chacun de vous, de convoyer vingt moutons. Chaque jour, je vous indiquerai l'endroit où vous devrez vous rendre. Comme gages, je vous assurerai la nourriture, le tabac et un peu d'argent pour vos dépenses. Ce ne sera pas une fortune , je vous le dis tout de suite. Si vous êtes d'accord, je vous engage. Bien entendu vous coucherez dans la bergerie pendant tout le temps que vous serez à mon service. Après, je ne vous garantis rien".

Les deux  jeunes gens ne se firent pas répéter deux fois la proposition.

Le lendemain, ils se levèrent de bonne heure. Chacun reçut son lot de bêtes et se rendit au point de vente indiqué.

La campagne dura une semaine au cours de laquelle ils se réveillaient aux aurores,  s'en allaient aux points de vente pour revenir le soir à la bergerie, rompus de fatigue et affamés.

A la fin de leur mission il n'échut aux deux jeunes gens qu'un maigre pécule.

Ils reprirent donc la route à la recherche d'un hypothétique travail. Dès quatre heures du matin, ils se pointèrent pour la première fois aux halles centrales. Leur robustesse ne tarda pas à attirer l'attention d'un vieux mandataire qui d'un seul coup d'oeil jaugea leur force.Il les recommanda, séance tenante, à un détaillant dont la marchandise était prête à être enlevée. Tous les matins , ils revenaient ainsi, sûrs de l'embauche, pour charger soit pour décharger des cageots.

Le reste de la journée, ils s'accroupissaient sur le bord d'un trottoir pour vendre, à la dérobée, des petits tas de légumes et de fruits à des prix imbattables.

Le soir, après un souper frugal, dans l'une ou l'autre des gargotes qui foisonnaient autour des halles, ils regagnaient leur gîte provisoire, un bain maure.

Moussa et son compagnon se souviendront longtemps de la première nuit qu'ils passèrent, côte à côte, allongés sur un grand matelas tout en creux et bosses recouvert d'une toile où pullulaient les punaises. Ils passèrent la nuit à se gratter. Lorsqu'ils se plaignirent au patron du bain maure celui-ci répondit qu'il était désolé mais, qu'après tout, les punaises sont des bêtes du Bon Dieu et que si le  Seigneur les a créées c'est qu'elles devaient être utiles. 

Les deux jeunes se mirent à regretter la bergerie de Maison Carrée où ils couchaient à proximité des moutons sur des bottes de foin. 

Le foin piquait.Peut-être bien y avait-il là quelques insectes qui vous chatouillaient mais ils ne vous suçaient pas le sang.

Les deux voyageurs tinrent bon malgré tout. Ils préféraient les punaises au risque d'être arrêtés pour vagabondage par la police pour qui l'indigène est toujours un suspect en puissance.

Après tout, se disaient-ils, résignés, il vaut mieux encore ça que la misère du bled et toutes les calamités naturelles dont le Bon Dieu l'accable comme ce fut le cas de l'invasion des sauterelles qui avait dévasté  toute leur région une année auparavant.

Les épisodes: 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10

 

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